Souvenez vous l'année dernière....je vous avais parlé du "bouillon d'awara"plat guyanais traditionnel de Pâques.
En voici l'histoire ou peut être la légende.
"L'ouvrage de plusieurs est plus grand et plus grand est le profit".
Il y a temps longtemps, dans un petit village de Guyane, il y avait tant et tant de cancans que les habitants en étaient arrivés à se parler à peine. Tout juste s'ils se souhaitaient le bonjour le matin et le bonsoir l'après midi venue.
Or, un samedi d'une semaine sainte, un homme étrange arriva par le fleuve et s'arrêta près des premières cases de la commune. Habillé comme on ne l'avait jamais vu par ici, son visage était souriant et son allure bon enfant.
Pour tout bagage, il n'avait qu'une grande marmite noire comme un urubu et une énorme cuillère en bois orangé.
Sous l'oeil inquiet des habitants, il commença à arpenter la rive de long en large. Avec le grand manche de sa cuillère , il écartait les herbes longues et drues de la berge. Etait-ce un chasseur de serpents, un collectionneur de fleurs rares où un chercheur d'herbes à tisane?
Tout le monde le regardait mais personne n'osait dire mot.
Après un bon moment de recherche, il se baissa enfin et ramassa une belle pierre bien lisse ,toute ronde de la grosseur d'un poing d'enfant.
Il retourna alors vers la rivière, y plongea sa grande marmite et la remplit à moitié d'eau. IL ramassa ensuite quelques branches, un peu d'herbes sêches et entre trois grosses pierres grises, il prépara un feu.Il installa son imposant récipient à moitié rempli d'eau sur le feu et attendit que l'eau frissonne.
Les premières bulles venant éclater à la surface, notre homme jeta la pierre ronde dans l'eau frémissante et commença à touiller avec son invraisemblable cuillère.
Une brave vieille osa enfin demander à l'étranger ce qu'il faisait.
-Je prépare un bouillon au caillou,répondit-il laconiquement, sans lever les yeux de sa marmite fumante.
-Un bouillon au caillou, sans rien d'autre? renchérit la vieille étonnée.
-D'habitude, j'y mets de la pâte d'awara pour qu'il soit meilleur mais malheureusement aujourd'hui, je n'en ai pas, expliqua notre étonnant compère sans perdre son sourire.
-Mais, attendez un moment, moi je vais vous en apporter ! c'est la pleine saison ici !, répliqua la brave villageoise ,en tournant les talons pour reprendre le chemin de sa case.
En secouant la tête, ne voulant pas être en reste, une autre commère , qui n'avait rien perdu de la conversation , repartit chez elle , pour aller chercher des haricots verts. Une autre apporta des aubergines , une autre encore des concombres piquants et des épinards.Un jeune pêcheur proposa un beau poisson qu'il avait boucané lui même, un second offrit trois beaux crabes bien dodus.
Le chou, le poulet boucané, le groin, la queue du cochon et le reste suivirent. Chacun voulait participer à sa façon en présentant son écot à ce charmant homme si souriant.
Quand le bouillon fut cuit à point, la marmite était si pleine que notre quidam put inviter tous les habitants de la commune.
Ce jour là, tout le monde se régala, mangea à sa faim, les langues se délièrent, les rires et les longues conversations allèrent bon train jusque tard dans la nuit.
Se pourrait-il que le bouillon d'awaras soit devenu notre plat traditionnel de Pâques depuis cette étonnante histoire?
Source:La semaine Guyanaise...Alain Landy: Mes contes d'Amérique.
A vous tous(tes) qui passez par là, je souhaite de Joyeuses Fêtes de Pâques...
En voici l'histoire ou peut être la légende.
"L'ouvrage de plusieurs est plus grand et plus grand est le profit".
Il y a temps longtemps, dans un petit village de Guyane, il y avait tant et tant de cancans que les habitants en étaient arrivés à se parler à peine. Tout juste s'ils se souhaitaient le bonjour le matin et le bonsoir l'après midi venue.

Or, un samedi d'une semaine sainte, un homme étrange arriva par le fleuve et s'arrêta près des premières cases de la commune. Habillé comme on ne l'avait jamais vu par ici, son visage était souriant et son allure bon enfant.
Pour tout bagage, il n'avait qu'une grande marmite noire comme un urubu et une énorme cuillère en bois orangé.
Sous l'oeil inquiet des habitants, il commença à arpenter la rive de long en large. Avec le grand manche de sa cuillère , il écartait les herbes longues et drues de la berge. Etait-ce un chasseur de serpents, un collectionneur de fleurs rares où un chercheur d'herbes à tisane?
Tout le monde le regardait mais personne n'osait dire mot.
Après un bon moment de recherche, il se baissa enfin et ramassa une belle pierre bien lisse ,toute ronde de la grosseur d'un poing d'enfant.
Il retourna alors vers la rivière, y plongea sa grande marmite et la remplit à moitié d'eau. IL ramassa ensuite quelques branches, un peu d'herbes sêches et entre trois grosses pierres grises, il prépara un feu.Il installa son imposant récipient à moitié rempli d'eau sur le feu et attendit que l'eau frissonne.
Les premières bulles venant éclater à la surface, notre homme jeta la pierre ronde dans l'eau frémissante et commença à touiller avec son invraisemblable cuillère.
Une brave vieille osa enfin demander à l'étranger ce qu'il faisait.
-Je prépare un bouillon au caillou,répondit-il laconiquement, sans lever les yeux de sa marmite fumante.
-Un bouillon au caillou, sans rien d'autre? renchérit la vieille étonnée.
-D'habitude, j'y mets de la pâte d'awara pour qu'il soit meilleur mais malheureusement aujourd'hui, je n'en ai pas, expliqua notre étonnant compère sans perdre son sourire.
-Mais, attendez un moment, moi je vais vous en apporter ! c'est la pleine saison ici !, répliqua la brave villageoise ,en tournant les talons pour reprendre le chemin de sa case.

En secouant la tête, ne voulant pas être en reste, une autre commère , qui n'avait rien perdu de la conversation , repartit chez elle , pour aller chercher des haricots verts. Une autre apporta des aubergines , une autre encore des concombres piquants et des épinards.Un jeune pêcheur proposa un beau poisson qu'il avait boucané lui même, un second offrit trois beaux crabes bien dodus.

Le chou, le poulet boucané, le groin, la queue du cochon et le reste suivirent. Chacun voulait participer à sa façon en présentant son écot à ce charmant homme si souriant.
Quand le bouillon fut cuit à point, la marmite était si pleine que notre quidam put inviter tous les habitants de la commune.

Ce jour là, tout le monde se régala, mangea à sa faim, les langues se délièrent, les rires et les longues conversations allèrent bon train jusque tard dans la nuit.
Se pourrait-il que le bouillon d'awaras soit devenu notre plat traditionnel de Pâques depuis cette étonnante histoire?
Source:La semaine Guyanaise...Alain Landy: Mes contes d'Amérique.
A vous tous(tes) qui passez par là, je souhaite de Joyeuses Fêtes de Pâques...
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